25 - Le Louvre sommé de revoir ses priorités : la Cour des comptes juge le projet de nouvelle entrée « financièrement irréaliste »
Le prestigieux musée du Louvre se retrouve au cœur d’une tempête administrative et financière. Dans un rapport publié le 6 novembre, la Cour des comptes met en cause la viabilité du vaste projet de réaménagement du musée, chiffré à 666 millions d’euros, et pointe de graves retards en matière de sécurité.
Présenté comme un symbole de « renaissance » par le président Emmanuel Macron en janvier dernier, le plan prévoit la création d’une nouvelle entrée monumentale et d’un complexe souterrain de 22 000 m² autour de la Joconde. Mais selon le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, ce projet est « financièrement insoutenable » et détourne des ressources nécessaires à la mise à niveau des infrastructures existantes.
Cette mise en garde intervient dans un contexte sensible : le rapport a été rendu public peu après un cambriolage spectaculaire au Louvre, lors duquel des joyaux de la Couronne française ont été dérobés. Les magistrats estiment que ce vol a été rendu possible par les défaillances du dispositif de sécurité, dénonçant des retards considérables dans la modernisation des équipements. L’audit souligne notamment que le programme de rénovation lancé en 2018 n’a reçu que 3 millions d’euros, soit 4 % du budget prévu. Quant au plan de prévention incendie, il n’a toujours pas été mis en œuvre, plus de vingt ans après les premières études techniques.
Pour la Cour des comptes, la priorité doit donc être claire : accélérer le plan d’infrastructures de 450 millions d’euros, annoncé lui aussi par Emmanuel Macron, avant d’envisager des projets plus ambitieux. « Le temps de l’attente est terminé », a insisté Moscovici, appelant à des mesures concrètes et immédiates.

De son côté, le Louvre a dénoncé un rapport « déséquilibré » qui « ne prend pas en compte la vision à long terme ». La direction, conduite par Laurence des Cars, estime que les travaux de sécurité doivent s’intégrer à une vision globale du « Louvre Renaissance », sous peine de « n’aller qu’à moitié du chemin ».
Ainsi, entre rêve architectural et impératif de sécurité, le plus célèbre musée du monde se retrouve face à un dilemme : comment concilier prestige et prudence, ambition culturelle et responsabilité financière ?