18 - Foires d’art : entre visibilité et risques financiers, les galeries s’interrogent

Un rapport publié par First Thursday, société londonienne spécialisée dans l’intelligence des ventes, révèle le malaise croissant des galeries face au modèle actuel des foires d’art, jugé coûteux et peu durable. L’enquête, menée auprès de 56 galeries en Europe, Asie, Afrique et Amérique du Nord, met en lumière une série de difficultés :

  • - Coûts élevés : près de la moitié des galeries dépensent plus de 30 000 £ par foire, et près d’un quart entre 50 000 et 100 000 £.

  • - Risque élevé : 83 % citent les coûts comme principal obstacle, suivis par l’incertitude des ventes (77 %).

  • - Pression sur les jeunes galeries : elles doivent proposer des présentations audacieuses pour se démarquer, mais prennent alors un risque financier considérable.

Face à cela, 31 % des galeries envisagent de réduire le nombre de foires, privilégiant un petit nombre d’événements jugés stratégiques et investissant davantage dans les outils numériques et le marketing digital.

L’étude précise que la majorité des galeries (57 %) ont plus de 10 ans d’existence et soutiennent surtout des artistes émergents (77 %) et de mi-carrière (72 %). Elles participent en moyenne à 4,4 foires par an, mais seulement 9 % en font 10 ou plus.

Les galeries expriment aussi le souhait de formats plus flexibles (stands partagés, modèles à commission) et d’une meilleure implication des collectionneurs et VIP, notamment par des introductions ciblées et des outils facilitant le suivi après la foire.

Malgré tout, la visibilité auprès de nouveaux publics reste la principale valeur reconnue des foires (71 %), devant les ventes et revenus (57 %) et le réseautage (57 %). À noter, une forte persistance des méthodes traditionnelles : 83 % des galeries utilisent encore le papier pour noter les contacts, et seulement 31 % intègrent leurs prospects immédiatement dans un système de gestion client (CRM).